Revue de presse

Aktuelle Information aus der Tagespresse


Origine de l'article: dimanche.ch - 30.7.2000 Auteur: VÉRONIQUE EGLOFF   Provenance de l'article: Association Romande des Eleveurs de Chiens de Race

Chiens : trafic en hausse

CONTREBANDE : LES CHIOTS PASSENT LA DOUANE DANS LES COFFRES DE VOITURE

Les douaniers disent avoir d'autres soucis, la Suisse romande n'en a cure. Seuls les Alémaniques tentent de lutter contre les ventes clandestines de chiens venus d'Europe de l'Est. Et lancent une pressante mise en garde.

Un jour de février 1999, sur une aire d'autoroute entre Berne et Zurich, un homme attend ses clients. C'est la police cantonale qui débarque et saisit cinq chiots, dont un pitbull. Ces derniers ont voyagé clandestinement de la Tchéquie en Suisse, entassés les uns sur les autres. Ils ont entre trois et cinq semaines. Les mois précédents, une vingtaine de chiots de races diverses avaient déjà été écoulés par le même vendeur.
Encore discret en Suisse, le trafic clandestin de chiens s'accroît sensiblement. Souvent cachés dans les coffres de voiture, les chiots passent la frontière en douce. Leur prix oscille entre 1200 et 3000 francs. "La plupart de ces chiots, toujours de races imposantes, viennent d'Europe de l'Est, explique une vétérinaire alémanique qui tient à rester anonyme, de peur des répressions du "milieu". Ils sont vendus là-bas pour quelques dizaines de francs, ce qui représente un marché intéressant pour les amateurs d'argent facile qui économisent aussi la taxe de douane de 7,5% sur la TVA."
TRAFIQUANTS FANTÔMES
Souvent réunis en petits réseaux de quelques personnes, les trafiquants sont extrêmement difficiles à traquer. L'arrestation de l'an passé a demandé plusieurs mois de recherches, à partir d'un simple numéro de téléphone portable. Toujours en mouvement entre plusieurs pays, ne possédant pas d'adresse fixe, les vendeurs préfèrent ne pas prendre de risques. Certains ont des relations complaisantes, tels ces deux vétérinaires suisses, arrêtés il y a quelques mois pour avoir accepté de signer des piles de faux carnets de vaccination. D'autres demandent aux acheteurs potentiels de venir en France, en Allemagne ou en Italie. Mais, depuis le durcissement des lois concernant les races canines potentiellement dangereuses dans ces pays, la Suisse est devenue un lieu de contrebande privilégié. Aux douanes pourtant, on prétend ne pas avoir connaissance d'un véritable "trafic". Il n'existe donc pas de contrôle spécifique dans ce domaine, et on avoue que "de toute manière, avec tout le travail qu'il y a déjà, le trafic de chiens est une préoccupation secondaire".
Ce n'est pas le cas du magazine animalier Tierwelt, le plus important de Suisse alémanique, qui a décidé d'interdire, depuis la semaine prochaine, toute annonce de vente de chiens uniquement accompagnée d'un numéro de mobile. "Nous recevons entre dix et trente annonces par an qui nous semblent louches. Nous n'avons aucune preuve qu'elles viennent de trafiquants organisés : c'est bien trop dangereux de vérifier, mais nous sommes presque sûrs qu'il s'agit de contrebande de chiens. Le risque, c'est que les acheteurs craquent en voyant ces chiots et se retrouvent avec un chien malade ou enclin à la violence, car il n'a pas eu le temps d'être éduqué", explique Hans-Peter Blättler, rédacteur en chef. DESINTERET ROMAND
La Suisse romande, elle, reste de marbre face au problème. La plupart des journaux de petites annonces payantes estiment être assez protégés par le fait que les clients doivent donner noms et adresse. La rédaction de Trouvailles, à Lausanne, qui publie pour sa part des annonces gratuites, souligne qu'il est tout à fait impossible de tout contrôler. "Le trafic augmente sans cesse, rétorque Mark Il porte-parole de la Société suisse de protection des animaux. "Autant à Genève qu'à Zurich. Il faut absolument que la Suisse romande commence aussi à prendre des mesures."
En collaboration avec la Société suisse de cynologie et l'Office vétérinaire fédéral, la SPA est en pleine campagne de lutte. L'ensemble des ces organisations ont demandé jeudi au gouvernement que les douaniers suivent des cours spéciaux, destinés à les sensibiliser au problème.

 

Comment lutter contre les trafics de chiens? Consultez les pages de l'Association Romande des Eleveurs de Chiens de Races paw

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Origine de l'article:  L'Hebdo no 36 -05.09.1996  Auteur: Yves Lassueur  Provenance de l'article: Association Romande des Eleveurs de Chiens de Race

Malheureusement toujours actuel

Trafic de chiens

L'ENQUETE DE L'HEBDO REMONTE DE TROUBLANTES FILIERES EN FRANCE, EN BELGIQUE ET JUSQU'EN SLOVAQUIE

C’était un si joli chiot. Un golden retriever de deux mois, une de ces petites boules de poils roux qui pointent sur vous leur truffe noire et leurs yeux qui semblent dire: «Tu veux bien de moi?». Le jour où Daniel Rousseau et sa fiancée l'achetèrent, en mai dernier, il était couché dans un enclos de la ferme qu'exploite Jean-François Besson à Niédens, un hameau de quatre ou cinq maisons, près d'Yvonand, dans le Nord vaudois. Agent artistique à Neuchâtel, Daniel Rousseau avait découvert cette adresse sur une petite annonce dans laquelle Jean-François Besson se disait éleveur et proposait des chiots à vendre de plusieurs races, parmi lesquels des golden dont on sait l'énorme succès qu'ils ont aujourd'hui. La fiancée de Daniel Rousseau prit l'animal dans ses bras, le trouva plus attendrissant encore et le couple décida de l'acheter. Ils le payèrent 1200 francs et le baptisèrent aussitôt Benjy. Mille deux cents francs, c'est une jolie somme, mais c'est moins que ce qu'on paie pour un chien de cette race quand on l'achète chez un éleveur membre de la Société cynologique suisse; là, il faut compter 1600 à 1800 francs. Il est vrai qu'on reçoit alors un pedigree pour l'animal, autrement dit un document attestant de ses origines.Rien de tel pour Benjy.  

 

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Une visite chez Monsieur Besson
En route pour la ferme de Niédens. Quand on y est arrivé, fin juin, Jean-François Besson, la cinquantaine corpulente et le dos courbé par un ancien accident, était occupé à des travaux de peinture dans la cour de sa ferme. Un peu plus loin, dans le jardin, on voyait l'enclos et l'ancien poulailler qu'il a reconverti en chenil. Deux ou trois chiens s'y ébattaient. Tout en continuant de manier son pinceau, Jean-François Besson accepta de parler de son commerce et de l'«affaire Daniel Rousseau». Oui, dit-il, il a commencé à importer et revendre des chiots «depuis qu'on ne gagne plus rien dans l'agriculture à cause de la vache folle», donc depuis ce printemps. C'est une petite annonce parue dans la presse romande qui lui en a donné l'idée: un chenil de France, en Haute-Savoie, offre régulièrement à vendre des chiots de toutes races et à des prix intéressants. Il s'y est rendu à quelques reprises. A chaque fois, il en a acheté deux ou trois qu'il a ramenés dans sa voiture et déclarés à la frontière «quand il y avait un douanier». Au total, jure-t-il, il n'en a acheté et revendu que huit, mais il a l'intention d'arrêter ce commerce qui ne lui vaut «que des ennuis».

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Plusieurs clients rouspètent: leurs chiots sont en mauvaise santé. Parmi eux: un ramoneur vaudois de 20 ans. Lui aussi a acheté pour sa fiancée, chez Besson, un petit golden à 1200 francs accompagné d'un carnet de santé signé par le même vétérinaire de Haute-Savoie. Arrivé à la maison, le chiot ne faisait que dormir, il avait l'air exténué et en piteux état. Quatre jours plus tard, un vétérinaire décelait chez lui une parvovirose et devait l'euthanase de papiers, Jean-François Besson remit au couple un vague contrat de vente et un certificat de vaccination signé par un vétérinaire de Frangy, en Haute-Savoie. Le paysan reconnut qu'il avait acheté ce chiot en France, comme les autres qu'il revend par petites annonces, mais resta plus que discret sur l'«élevage» où il se l'était procuré

 

 

 

 

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Pour Daniel Rousseau et sa fiancée, les désillusions et la colère commencèrent dès leur retour à la maison. Beniy était incapable de se lever. Ses selles étaient teintées de sang et il toussait violemment. La nuit même, consultation d'un vétérinaire qui se montra atterré devant l'état du chiot. Il diagnostiqua une coccidiose (maladie parasitaire), des vers et une trachéite dus à un manque d'hygiène et une sous-alimentation dont témoignait aussi le poil de l'animal. Pour Benjy, ce fut le début d'un long traitement aux antibiotiques. Quand le lendemain Daniel Rousseau rappela Besson pour lui dire son indignation, le paysan lui proposa simplement de ramener l'animal à la ferme et de lui en donner un autre. Partant du principe qu'« un chien n'est pas un objet mais un être vivant», Daniel Rousseau refusa sèchement, mais contacta «L'Hebdo». Aujourd'hui, son chien va mieux. Il peut se lever, il court, il se montre d'une rare affection, mais il est toujours sous antibiotiques. Entre-temps, notre enquête avait fait son chemin. Nous étions loin, au départ, de penser qu'elle nous ferait parcourir des milliers de kilomètres et dévoilerait un trafic d'animaux d'une rare ampleur.Crève-coeur du ramoneur et refus de Besson de payer quelque dédommagement que ce soit. Mais d'où viennent-ils donc, ces chiots? A Daniel Rousseau, le paysan avait refusé de le dire, mais on finit malgré tout par l'apprendre: le chenil de Haute-Savoie s'appelle 4'Pattes. Il est situé à Chilly et sa propriétaire se nomme Mme Corinne Camus.
Un après-midi chez 4’pattes
A quelques dizaines de kilomètres de Genève, on atteint Chilly par un dédale de routes minuscules qui serpentent dans la campagne. Le chenil est isolé, c'est une sorte de chalet à moitié caché par des frondaisons. On s'attendait à trouver là un élevage, avec pères et mères porteuses. Erreur : 4'Pattes n'est qu'un lieu de transit où les chiots ne passent qu'un jour ou deux avant d'être revendus. Pour les accueillir, un local carrelé comme une salle de bains a été aménagé et donne sur un petit parc où trottinent deux ou trois petits chiens. Blonde et volubile, la trentaine, Valaisanne d'origine mais mariée à un Français, Corinne Camus nous reçut dans son bureau où trônait un ordinateur. Elle a créé 4'Pattes il y a deux ans et vend exclusivement ses chiots sur le marché suisse où elle publie des petites annonces du style: «Un petit chiot pour les vacances? Chez 4'Pattes!!! Prix promotionnels». Ou encore: «Dogues allemands, golden retrievers, chows-chows, terre-neuve, bichons, caniches, cockers: téléphonez chez 4'Pattes. ! ! !» Un commerce qui marche du feu de Dieu, assure-t-elle. Des chiots, elle en vend une dizaine par semaine. On vient de toute la Suisse romande pour se fournir chez elle. Mais attention, ajoute-t-elle, il faut se méfier d'un de ses concurrents: lui importe des chiens de Belgique. Là-bas, les prix sont inférieurs à ceux de France, mais la qualité des animaux laisse à désirer.
D'une étagère, elle tira une liste des races qu'on peut se procurer chez elle: de l'afghan au yorkshire en passant par le husky et le saint-bernard, il y en a plus de septante dont le prix varie de 850 à 2050 francs suisses. Les «grossistes» suisses, comme Besson, ont droit à une réduction s'ils achètent une nichée entière, ce qui leur permet à leur tour de réaliser un bénéfice quand ils revendent ces chiots. Besson, par exemple, avait payé ses golden dans les 900 francs avant de les revendre 1200 dans sa ferme de Niédens.
Et vous, Mme Camus, d'où les faites-vous venir, ces chiots ? De toute évidence, la question l'empoisonnait. A plusieurs reprises, elle feignit ne pas l'avoir entendue. Il fallut revenir maintes fois à la charge pour qu'enfin elle cite un nom. Elle parla d'abord d'un élevage situé en Bourgogne. Puis en évoqua un autre, dans la Manche. Enfin, elle se ravisa et finit par, lâcher, comme dans un souffle:
- Relax Dog, à Evegnée. Evegnée? Ça se trouve où?
- Du côté de Liège. En Belgique.
Elle devenait de plus en plus nerveuse. C'était comme si elle regrettait déjà d'avoir lâché ce nom. «J'ai voulu faire un essai avec cette maison, fit-elle. Je lui ai juste acheté quelques dizaines de bêtes sur deux mois.»

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Comment expliquer alors que ces chiots portent des carnets de vaccination français, signés par un vétérinaire de Haute-Savoie? Corinne Camus finit par admettre que les bêtes étaient arrivées chez elle avec des camets belges, mais qu'elle les avait mis de côté et remplacés par des papiers français, avec l'aimable concours de son vétérinaire, le Dr Michel Gravier. Et pourquoi cela? Elle eut cette réponse désarmante:«Parce que les carnets belges ne sont pas jolis.»

Relax Dog n’est pas bavard
Sur la carte de Belgique, Evegnée n'est pas facile à localiser, mais il est plus difficile encore de trouver le numéro de téléphone du chenil Relax Dog. Il ne figure pas dans l'annuaire, pas plus que l'entreprise n'est inscrite au Registre du commerce de Liège et de sa région. Quand on le découvre enfin, une voix peu amène se fait entendre au bout du fil, celle d'un homme encore plus cassant dès qu'il entend le mot « journaliste». Oui, confirine-t-il, Relax Dog vend bien des chiots, toutes sortes de races de chiots.
- Vous les élevez vous-même?
- Non.
Comme chez Mme Camus, Relax Dog n'était toujours qu'un lieu de transit pour les animaux. Un sas à chiots.
Alors d’où viennent-ils ?
– Vous connaissez un seul commerçant qui donne le nom de ses fournisseurs ?
Evoquant les golden retrievers qui venaient de chez lui et se trouvaient en piteux état en Suisse,m nous répétâmes notre question : »ù sont-ils nés ? » Le type répondit en ricanant : Peut-être en Belgique, peut-être en Hollande ...   Et comme nous insistions : Ecoutez, je suis marchand de chiens. Point. Le reste ne vous regarde pas. Et il raccrocha.

D’autres acheteurs furieux Entre-temps, toujours en Suisse, nous avions trouvé d'autres acquéreurs de chiots qui, pour avoir passé par d'autres filières, n'en maudissaient pas moins leurs vendeurs. Vers la fin de l'année dernière, se fiant à une petite annonce qui parait souvent dans la presse romande, un employé des CFF d'Ecublens (VD) achète pour 950 francs un petit golden chez un marchand de Haute-Savoie, M. Ferrechia, à Morillon. Il s'avère vite que l'animal est épileptique et fait de fréquentes crises. Traitement à vie. Fureur du maître. Quelques mois plus tard, un infirmier genevois à l'AI acquiert un golden de sept semaines, pour 800 francs, à la même adresse. Dans les jours qui suivent, vu son état lamentable, le chiot doit être conduit chez un vétérinaire qui diagnostique de l'anémie et une leucocytose. Début d'un traitement sous perfusions, par injections et antibiotiques. Dans ces deux demiers cas, les camets de santé étaient signés par des vétérinaires du Pas-de-Calais, tout au nord de la France, à la frontière belge. Impossible de remonter la piste plus haut. Quand on lui demande d'où viennent au juste ces chiens, M. Ferrechia répond sèchement: «Ça ne vous regarde pas».
Autre cas encore: il y a deux ans, un policier de Neuchâtel achète un jeune chien de race, sans pedigree, pour 1300 francs, chez un couple du canton de Fribourg qui vante son commerce par petites annonces. Arrivé à la maison, il faut emmener promptement l'animal chez le vétérinaire. Il souffre de problèmes articulaires et de la toux du chenil, un mal souvent mortel chez les chiens. La bête s'en sort, mais deux ans plus tard son maitre sait qu'«il ne vivra pas longtemps». Ses frais de vétérinaire se montent déjà à 2000 francs. Lorsque, au bout de longs mois, il a pu obtenir un pseudo-pedigree du chien, ces papiers sont arrivés de Belgique, où les vendeurs se l'étaient procuré. Des papiers portant le sceau du magasin «Animals Express», à Bruxelles.

Troublants articles de presse
Se rendre en Belgique pour tenter de comprendre ce qui s'y passe? Faisons d'abord venir quelques coupures de presse. En voici une qui n'est pas dénuée d'intérêt: la «Dernière Heure» du 17 janvier 1995 (Bruxelles) titre «Prudence à l'achat! Animals Express incriminé par de nombreux acheteurs». l’article fait état de multiples plaintes de particuliers qui ont acheté des chiots dans ce magasin de la région bruxelloise et s'en mordent les doigts: leurs bêtes ont dû être conduites sans tarder chez le vétérinaire à cause de fortes diarrhées; sept d'entre elles sont mortes, notamment de la maladie de Carré.

Plus troublant, la «Dernière Heure» du 10 janvier 1995: «Enquête sur un commerce douteux. Bruxelles: ces chiens qui viennent de l'Est ... » Le quotidien signale qu'une enquête vient d'être ouverte sur «ce qui semble devenir un commerce très lucratif» et a déjà permis d'identifier onze revendeurs belges qui importent régulièrement leurs chiens de pays de l'Est, principalement de Slovaquie, de Tchéquie et de Pologne. Un fonctionnaire du Ministère de l'agriculture s'étonne lui-même des «chiffres pour le moins bizarres» qu'il trouve dans ce dossier: rien ne joue entre le volume des commandes passées à l'Est par les importateurs et le nombre de bêtes qu'ils disent avoir réellement reçues. Exemple: tel grossiste avait commandé 5700 chiens; il n'en a reçu que 1300. Le total des commandes représenterait 10% des ventes totales de chiens en Belgique, soit 150 000 par an.

En Route pour la Belgique
Il était temps d'aller voir sur place. Première visite: Animals Express, dans la banlieue de Bruxelles. C'est un véritable super-marché de l'être vivant, sans doute l'un des plus grands d'Europe. Enfermés dans des cages, plus de 200 chiots et des multitudes de chats, parmi d'autres animaux, attendent là de trouver preneur. Fini maintenant de se présenter comme journaliste. On a vu sur quelle impasse cela débouchait chez Relax Dog. Attaché-case en main, nous nous annonçons désormais comme marchand suisse prospectant le marché. Un certain M. Ruedi, gérant du supermarché, finit par arriver et l'on commence à parler prix de gros. Combien vaut le golden retriever? L’équivalent de 300 francs suisses. Le labrador? 250. Le dalmatien? Idem. Le saint-bernard? 350. En bon commerçant, M. Ruedi cite un chiffre donnant la mesure des affaires traitées par son entreprise: Animals Express vend 300 à 400 chiots par semaine, soit 17 000 au bas mot en une année. Une partie est vendue à des particuliers belges, l'autre destinée à l'exportation en gros, surtout vers la France.
- Certains de vos chiens viennent des pays de l'Est?Il l'admit pour deux ou trois races.
- Les golden retrievers aussi?
- Non. On en trouve peu là-bas. Les nôtres viennent de Belgique. Si vous en achetez, vous pourrez visiter les élevages. Notre seconde visite «professionnelle» nous amena, une centaine de kilomètres plus loin, dans les environs de Liège. Un petit chemin qui descend au fond d'un vallon, puis un vaste chenil d'où s'échappe un concert d'aboiements: voici Les Rives Sauvages, l'un des plus importants marchands de Belgique. Même air soupçonneux de la patronne qui nous reçoit sur le pas de porte, hésite avant de nous faire entrer, puis accepte de discuter prix. Ils étaient légèrement supérieurs à ceux d'Animals Express. Les exportations? Largement tournées, elles aussi, vers la France. Le transport? Par camions. La maison importe-t-elle des chiots de l'Est? «Oui, mais seulement certaines races.»

On en vint à parler des papiers qui accompagnent les bêtes et la patronne expliqua avec un air de regret comment les choses se passent dans le milieu. Les chiots partent des pays de l'Est avec des carnets de vaccination tchèques, slovaques, polonais, hongrois. En Belgique, ces papiers sont remplacés par des carnets belges avec le concours d'un vétérinaire local. En France, à son tour, le marchand évacue les papiers belges et les remplace par des documents français, avec sceau et signature d'un vétérinaire du cru.

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A chaque fois, en somme, on «nationalise» le chien. Et du même coup, on brouille les pistes. Encore heureux que Besson, à Niédens, n'ait pas «helvétisé» ses golden avec l'aide d'un vétérinaire suisse... Rendons-lui cette justice: en allant se servir en Haute-Savoie, il ignorait tout de la provenance réelle des chiens.

Relax Dog est en vacanes
Restait à trouver le chenil de Relax Dog. Nous finîmes par le découvrir quelques kilomètres plus loin, dressé en bordure d'un village, au milieu des replats et des boqueteaux de la campagne liégeoise. Devant l'entreprise, pas d'enseigne. Sur la porte, pas de nom. Relax Dog se résume en deux bâtiments flambant neufs, construits en brique rouge. A gauche: une maison d'habitation. A droite: un long hangar: c'est le chenil proprement dit. Pas un bruit. Pas un aboiement. On guigne à l'intérieur par l'une des vitres: sur un sol de ciment se dressent des dizaines de boxes pour chiens, d'une propreté clinique et industrielle. Tout est vide, absolument vide. En ces jours de juillet, les propriétaires de Relax Dog étaient en vacances. De toute façon, apprend-on par le voisinage, le chenil n'est qu'épisodiquement bourré de chiots. Les lots arrivent par camions ou par avion, via Bruxelles, sont stockés là pendant vingt-quatre heures au maximum, puis repartent par camions. Vers quelle destination? Et après être arrivés d'où? C'est au Ministère de l'agriculture, dans les registres où sont consignés tous les mouvements de chiots transitant par la Belgique, qu'on finit par trouver la réponse. Relax Dog s'approvisionne en Tchéquie, en Slovaquie et en Russie. (Achète-t-il aussi en Belgique? Possible, mais les dossiers belges ne tiennent compte que des importations.) Pour les seuls huit premiers mois de l'année, par lots de 500 à 1000 pièces, il a demandé des permis d'importation pour la bagatelle de 7000 (!) chiots dans ces trois pays de l'Est. Un autre dossier tient ensuite le décompte des chiots que Relax Dog expédie vers l'étranger. La grande masse file vers la France. Parmi les destinataires, un modeste client de Haute-Savoie: le chenil 4'Pattes de Mme Camus. De janvier à avril, en huit livraisons, Relax Dog lui en a expédié un peu plus de 70. Parmi eux: chows chows, westies, rottweillers, bichons, labradors, cotons de Tuléar et bien sûr de nombreux golden retrievers.

La plaque tournante belge
Pas de doute: si l'on fait une évaluation globale, ce sont des dizaines de milliers de chiots que la Belgique déverse chaque année sur son territoire et sur l'Europe de l’Ouest. Un flot, un torrent, un niagara de chiots.Comme dit Christian Vignol, journaliste et chroniqueur animalier au journal «La Meuse»:, « La Belgique est devenue la plaque tournante du continent dans le commerce et le trafic de chiens. Un mouvement en provenance de l'Est et essentiellement tourné vers la France. Ici, tout le monde est au courant, mais les réactions restent peu efficaces. Pour changer les choses, il faudrait modifier la législation, mais pour l'heure, c'est le laxisme qui l'emporte.»   Un laxisme, pour ne pas dire une complaisance des autorités qui s'explique par les milliards de francs belges générés par ce business. Au pays de Milou, l'import-export et le trafic de chiots sont devenus une véritable industrie, mais en partie occulte: les chiffres, les revenus, les filières restent aussi secrets que les comptes d'une banque suisse. Et tant pis pour les éleveurs sérieux. Tant pis, faute de transparence, si tous les excès sont possibles: chiennes contraintes de porter deux fois par année; risques de consanguinité, donc de

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Itinéraire  -  Le parcours suivi par l'Hebdo

malformations; - - portées arrachées à leur mère moins de deux mois après leur naissance, ce qui est une aberration. chiots encagés, ballottés, transportés sur des milliers de kilomètres à travers l'Europe dans la promiscuité et le stress qu'on imagine.Pas étonnant qu'un certain nombre d'entre eux, s'ils ne l'étaient au départ, tombent malades en cours de route ou arrivent en piteux état. De quoi faire hurler - mais dans le désert - des amis des animaux comme Christian Founny à Bruxelles et Léon Roufosse à Liège, tous deux à la tête d'associations sans but lucratif vouées à la défense des bêtes. Ils ne cessent de fustiger ce trafic, rappelant qu'en Europe les chiens sont déjà trop nombreux, condamnés pour beaucoup à l'indifférence et même à la mort. A cause de ces importations, les refuges débordent de chiens dont les maîtres se sont lassés et certaines SPA belges n'hésitent pas à les euthanasier en grand nombre.

En route pour la Slovaquie
Ne restait plus qu'à se rendre à l'Est pour tenter de remonter l'une ou l'autre des filières qui alimentent ce marché. Par où commencer? Il y a un an ou deux, Léon Roufosse et Christian Fourmy ont trouvé dans la presse belge deux petites annonces publiées par des marchands de chiens basés en Slovaquie qui cherchaient des partenaires pour développer leurs affaires. La première émanait d'une société du nom de Chova, établie à Nitra, 90 kilomètres au nord-est de Bratislava, capitale de la Slovaquie. La seconde émanait d'un particulier, Victor S., à Bratislava même. Toujours sous prétexte de créer un commerce de chiots, envoyons un fax à la firme Chova pour lui demander ses tarifs et ses références. La réponse arriva deux heures plus tard sous forme d'une liste de prix formulée en Deutsche Marks et comprenant pas moins de 100 races de chiens, du basset (180 francs) au schnauzer (130 francs) en passant par le golden (240 francs) et le bouvier bemois (200 francs). Le soir même, c'est un interprète de la firme qui appelait par téléphone. Le directeur de Chova, dit-il, était momentanément très occupé à préparer un chargement de chiens pour la Belgique, mais un rendez-vous était envisageable pour le week-end suivant, en Slovaquie. Le samedi à l'heure dite, dans le hall d'un grand hôtel de Bratislava, Miroslav Ligas, directeur et homme à tout faire de la société, se présenta en compagnie de son interprète. On monta dans sa voiture et commença alors dans la campagne un interminable voyage. Direction Nitra et le siège de l'entreprise? Nous l'espérions, mais il apparut vite qu'on n'irait pas là-bas. D'abord, l'homme se méfiait de nous. Ensuite, il n'y avait selon lui «rien d'intéressant à voir là-bas». On allait plutôt visiter un élevage de «chiens chinois» qui fait partie de l'entreprise.

Chemin faisant, tandis que défilaient villages et collines, il se mit à parler d'abondance. Jusqu'à la chute du régime communiste, en 1989, Miroslav Ligas, la quarantaine, cheveux blonds et menton volontaire, était employé d'une ferme d'Etat qui élevait des chiens. Après cette date, il s'est mis à son compte et vend surtout en Belgique. «Nous avons 300 élevages disséminés dans la région, des plus petits comprenant deux chiens reproducteurs aux plus gros comprenant 30 chiens.» Son travail consiste à «veiller sur la qualité des élevages» et collecter les nichées pour les expédier à l'étranger. Du temps du régime communiste, dit-il, la Tchécoslovaquie exportait 150 chiens par mois. Maintenant, à lui seul, il en vend 150 par semaine et connaît au moins deux sociétés slovaques qui exportent autant. Sans compter les concurrents plus récents. Ni les Tchèques, les Polonais, les Hongrois, les Russes, les Ukrainiens, les Bulgares... Tous s'y sont mis. Depuis la chute du Mur, le commerce du chien a littéralement explosé.
Vend-il aussi en Suisse? Miroslav lâcha un soupir. Deux ans plus tôt, il a envoyé des dizaines de lettres dans ce pays pour tenter d'y trouver des acheteurs et des partenaires. Il n'a pas reçu une seule réponse et ça le dépite. Il aimerait tant y vendre, dit-il, des chiots «avec pedigree», reconnu par l'Association slovaque de cynologie. «Des chiens plus chers que les autres, certes, mais qui offrent toute garantie.»
Du trafic et des sales combines, reconnut-il, ce n'est pas ce qui manque. «Par exemple ces filières d'ici qui n'achètent les chiens aux paysans que 1500 couronnes (60 francs) au lieu de 2000 (80 francs), mais sans établir de contrats ce qui évite de payer des impôts.» Mais lui, jura-t-il, ne voulait pas manger de ce pain-là. Il voulait «travailler pour durer» - et il faut bien l'admettre: pas un instant il ne tenta de nous faire une proposition scabreuse.
C'est après la visite des chiens chinois - une race totalement atypique du marché, élevée par une famille de paysans à une centaine de kilomètres de Bratislava - que nous avons risqué la question à 100 000 couronnes:
- Vous connaissez Relax Dog, en Belgique?
Oui, fit-il.

- Vous êtes l'un de ses fournisseurs?
- Oui. Ils vous ont donné de bons renseignements sur moi? Il avait dit cela avec une sorte de fierté.
Dans la soirée, enfin mis en confiance, il consentit à en dire davantage sur sa société: elle se résumait surtout à un lieu d'accueil de 110 m2. Une fois collectés dans la campagne, les chiots y passent vingt-quatre heures, après quoi ils partent en camion vers l'Ouest. Ce chenil, il était en train de l'agrandir et s'apprêtait à acheter un second camion pour les livraisons. Tout compte fait, les affaires marchaient bien.

Ainsi se dessinait non seulement le trajet exact des chiots, avec leurs multiples «sas» de passage, mais l'évolution de leur prix: quelques dizaines de francs suisses chez le paysan slovaque, 250 francs en Belgique, 900 en France, 1200 en Suisse... Une affaire à rendre fou un chiot, mais une affaire en or.

 

 

 

Maintenant, le soleil cognait fort et nous attendions toujours de remonter dans la voiture. Monsieur Emil se remit à parler et Victor traduisit:
- A part les chiens, nous vendons aussi des aquariums avec des poissons de Slovaquie. Ça marche très bien en Italie.
Nous feignîmes un intérêt poli. Puis Monsieur Emil reprit la parole, se lançant cette fois dans une tirade qui ressemblait à une énumération et ils eurent tous deux un petit rire entendu.
- Monsieur Emil dit que nous avons trois spécialités, traduisit Victor. Les chiens. Les poissons. Et lof.
- Lof?
Nous ne comprenions pas. Toujours debout dans la rue, Monsieur Emil se mit alors, pour être plus explicite, à mimer le va-et-vient d'un homme en train de copuler.
- Ah! Love?
- Oui! Love!
- Vous voulez dire qu'on peut aussi envisager de faire du trafic de femmes?
Ils acquiescèrent d'un hochement de tête. Et Emil ajouta: «Nous avons de bons contacts dans toutes les grandes villes européennes».
- A Zurich et à Genève aussi?

Le petit rire qui répondit signifiait: «Evidemment».
Ils ne s'étendirent pas davantage sur le sujet. Il s'agissait de comprendre que le trafic de femmes était quelque chose de plus souterrain, de plus secret, de plus difficilement accessible. Nous pourrions peut-être en reparler. Mais seulement quand nous aurions fait affaire avec les golden ou les rottweillers. Les femmes venaient après les chiens. Tout ce qui s'apparente en somme au marché des êtres vivants.

Après les chiens : les poissons et les femmes
La seconde adresse que nous avions à Bratislava était celle de Victor S., que nous trouvâmes en sonnant chez lui. L'endroit n'avait rien de luxueux. C'était un HLM sans âme dans une banlieue perdue de Bratislava. Victor passa la tête par l'une des fenêtres puis nous fit signe de monter au salon. Surprise: c'est presque un gamin. Il a tout juste 20 ans. Baragouinant l'allemand, Victor déclara qu'il travaillait maintenant dans une maison d'import-export, mais que oui, bien sûr, il pouvait nous aider à trouver des chiens, nous qui voulions ouvrir un commerce de gros en Suisse. Pour commencer, il devait cependant prendre rendez-vous avec ses «contacts». Il rappellerait plus tard à notre hôtel.

Il le fit le lendemain même et annonça que tout était arrangé: nous pouvions partir en voiture. Pas avec la sienne, qui était en panne, mais avec la nôtre, louée un peu plus tôt. Pour aller où? «A environ une heure et demie au nord-est de Bratislava.»
Ainsi partîmes-nous tous les deux sur des routes de plus en plus sinueuses, traversant des villages plutôt pimpants avec leurs petites maisons bâties comme autant de villas. Victor S. est loin d'être antipathique, mais c'est Monsieur Sans Cervelle. Son rêve, dit-il, c'est d'être millionnaire à trente ans. Il connaît pas mal de gens, laisse-t-il entendre, et il leur rend des services. «A propos, fit-il, le commerce de voitures d'occasion avec l'Est, ça vous intéresserait? J'ai des copains qui gagnent beaucoup d'argent avec ça.»
Plus de cent kilomètres après Bratislava, nous entrâmes dans un village et Victor fit signe d'arrêter devant une villa. A l'intérieur, dans un salon cossu mais lourdement décoré, un certain Monsieur Emil nous rejoignit. Plus rien à voir avec le look d'ancien fonctionnaire communiste. Monsieur Emil appartient à la nouvelle génération. Trente ans à peine, mince et plutôt beau, longs cheveux noirs, chemise blanche immaculée et chaînette en or sur son torse bronzé, il s'avança nonchalamment pour prendre place sur un sofa.
Présentations. Légère méfiance. Et rediscussion sur les prix de gros.
Victor assurait la traduction en allemand tandis que Monsieur Emil consultait ses propres tarifs sur une liste comprenant des dizaines de races de chiens. A l'exception des golden, sur le prix desquels il renâcla, nos propositions lui parurent alléchantes puisqu'il finit par hocher la tête, se lever et dire qu'on pouvait aller «voir quelques élevages».Avant de nous mettre en route, il tint à faire visiter le sien. C'était au fond du jardin. Sous le toit d'un appentis où perçait une rare lumière, des dizaines de petits chiens noirs et blancs se disputaient moins de quinze mètres carrés dans une saleté et une puanteur de clapier. A bord de la voiture, tandis qu'on se rendait dans un village voisin, la conversation se fit plus intime. Monsieur Emil confia qu'il travaille «surtout avec l'Italie, un peu avec la Belgique et un peu avec la France».

- Avec la Suisse aussi?
Silence. Il éluda la question. Pour ce qui est du volume des affaires, reprit-il, son organisation fait encore partie des «toutes petites». Elle n'exporte que cent chiens par mois, environ un millier par an. Enfin, s'agissant du transport, nous devrions venir chercher les chiens en Slovaquie avec nos propres moyens. Eux, ils ont trop d'ennuis à la frontière slovaco-autrichienne, autrement dit à l'entrée de la Communauté européenne. Les «protecteurs des animaux» leur font plein de misères parce que leur camion «n'est pas climatisé».
Après quoi Monsieur Emil se lança dans une longue tirade que Victor traduisit du mieux qu'il put: -Vous devez savoir qu'il y a deux sortes de commerces. Dans le premier cas, nous vous remettons avec les chiens une facture qui correspond exactement au montant que vous avez payé. C'est ce qu'on appelle la voie légale. Et dans le second cas? - On n'en inscrit qu'une partie. Si vous payez 5000, par exemple, la facture n'indique que 3000. Qu'en pensez-vous?
- C'est intéressant.
- On peut encore faire autrement, ajouta Victor. On ne fait pas de facture du tout.
Mais nous arrivions à bon port: une maison paysanne au beau milieu d'un village. En ce jour de juillet, dans le jardin, deux ou trois hommes nous attendaient qui nous guidèrent un peu plus loin. Là, derrière un enclos en treillis, une demi-douzaine de chiens s'ébattaient. Des chiens reproducteurs. Des golden retrievers! Ces fameux golden dont on nous avait tant répété qu'ils étaient rares à l'Est. C'était l'un des élevages de la filière. Un parmi combien de dizaines d'autres?
Les propriétaires ouvrirent l'enclos, les chiens sortirent aussitôt pour s'ébattre dans le jardin et nous pûmes prendre quelques photos.
Un peu plus loin sur la route, dans un village voisin, Monsieur Emil proposa une nouvelle halte devant une autre maison. En compagnie des propriétaires, nous nous rendîmes dans l'arrière-cour, et là encore plusieurs chiens adultes se mirent à gratter le treillis de leur enclos. Ce n'étaient plus des golden. C'étaient des rottweillers, destinés eux aussi à la reproduction.
De retour dans la rue, debout sur le trottoir, M. Emil désigna deux ou trois autres maisons du village et lâcha à chaque fois le nom d'une race: «Dans cette maison, les gens élèvent pour nous des setters. Dans celle-ci des boxers. Dans cette autre, des chows-chows». - Chaque maison abrite donc un élevage dans ce village?
Il eut un petit sourire:
- Pas chaque maison. Une sur deux.

 

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Origine de l'article:  Lausanne Cités -30.09.99  Auteur: Christine Zaugg  Provenance de l'article: Association Romande des Eleveurs de Chiens de Race

Le calvaire des chiots contaminés

DE NOMBREUX VAUDOIS ET GENEVOIS ONT ACHETE DERNIEREMENT DES CHIOTS DE RACE DANS UN SALON EN FRANCE VOISINE. DIX JOURS PLUS TARD, ILS ONT DECOUVERT L'HORREUR...

La plupart des chiens achetés souffrent des mêmes symptômes : fortes diarrhées mélangées à du sang, perte d'appétit et de mouvance. Si certains sont en traitement encore aujourd'hui, beaucoup de ces chiots sont morts ! Un couple de Genevois qui a perdu son labrador dix jours après l'avoir acheté apprendra par l'intermédiaire de vétérinaires, qu'ils ont soigné des dizaines de chiots de ce même salon souffrant exactement des mêmes symptômes ! Et certains n'ont pas survécu à la maladie ! Lausanne Cités a mené l'enquête et a découvert les dessous de ce salon : un véritable scandale. On parle de chiens vaccinés trop jeunes, mais aussi des filières parallèles, des chiens qui viennent des pays de l'Est… Nos révélations.

labrador

Noa, un labrador qui est mort dix jours après avoir été acheté dans ce salon du pays de Gex (Photo Ldd)

Achetés en France

Des dizaines de chiots contaminés

Un Salon du chien au Pays de Gex a attiré de nombreux Genevois et Vaudois. Mais les chiots de race qu'ils ont achetés sont morts dix jours plus tard, ou sont très malades... Nos révélations.

Voilà une affaire scandaleuse qui va très bientôt faire grand bruit. De nombreux Genevois sont en effet depuis quinze jours sous le choc, eux qui pensaient au contraire être heureux après l'acquisition d'un chiot de race lors d'un Salon du chien dans le Pays de Gex (France voisine). Samedi 11 et dimanche 12 septembre ( ... ), se tiendra le Salon du chien ( ... ) à Gex. Des centaines de chiots seront en exposition-vente avec la présence d'éleveurs de toute la France. Le sérieux et la qualité de la manifestation sont garantis par la présence permanente d'un vétérinaire. Or, voilà que dix jours après ce salon, nous apprenons que les chiots achetés pour moins de 4000 FF souffrent pour la plupart tous des mêmes symptômes ! Plus grave encore, de nombreux chiots de races sont morts récemment, contaminés par une terrible maladie... Celle du carré ou de la parvovirose. A ce stade, les vétérinaires ne peuvent rien affirmer et certains sont en train de procéder à des autopsies. Une seule chose est confirmée, plus d'une trentaine d'acquéreurs découvrent ces jours-ci que leur chiot souffre de fortes diarrhées mélangées à du sang (également dans les urines), de perte d'appétit et de mouvance...
Cette annonce, parue notamment dans GHI (Genève Home Informations), a ainsi titillé de nombreux acquéreurs de chiots justement à cause du contrôle vétérinaire. Et GHI l'a publiée parce qu'on leur avait garanti que tous les acquéreurs repartiraient avec un certificat de vétérinaire attestant de la bonne santé des chiots. C'est ainsi que de nombreux Genevois, mais aussi des Vaudois, se sont rendus à ce salon.
Mort dix jours après

"Nous avons acheté un labrador de 3 mois, expliquent David et Gaëlle, de Genève. Nous l'avons payé 3000 FF et étions confiants à cause de ce certificat de vétérinaire." La famille et des amis leur signalent cependant que le chiot n'a vraiment pas bonne mine, ses yeux sont bizarrement vitreux, il est trop maigre et son ventre est étrangement gonflé. "Nous sommes allés voir un vétérinaire à Genève quelques heures après avoir acheté notre chiot. Il l'a aussitôt mis sous perfusion et antibiotiques durant deux jours et demi parce qu'il était très malade, bourré de vers et en plus il avait une bronchite." Le jeune couple récupère son chien mais, constatant qu'il va de mal en pis, fait appel à un vétérinaire de garde. Qui à son tour lui prodigue des soins. Le lendemain, rebelote, le couple doit encore faire appel à un autre vétérinaire de garde car le chiot n'arrive plus à se mouvoir. Résultat de cette folle course entre divers vétérinaires, le chiot n'a pas survécu à sa maladie... Il est mort au bout de dix jours après d'atroces souffrances.

Pas un cas isolé

David et Gaëlle sont bien évidemment choqués et remuent ciel et terre. L'éleveuse qui leur a vendu le chiot est elle aussi sous le choc, elle ne comprend pas, deux chiots de la même portée viennent également de mourir, d'autres sont en train d'être soignés : ils sont actuellement sous perfusion. Comme le golden retriever de Sandrine, qui a eu les mêmes symptômes quatre jours après être sorti du salon de Gex. Menant son enquête, le jeune couple apprendra l'inimaginable par l'intermédiaire des vétérinaires qui ont soigné leur chiot : chacun d'entre eux lui révélera en effet avoir reçu des dizaines de chiens de la même provenance, souffrant exactement des mêmes symptômes et que la majorité de ces chiens sont aujourd'hui morts ! Pire encore, une éleveuse a expliqué par la suite au couple de Genevois que plusieurs chiots sont morts sur place le dimanche de l'exposition et qu'ils avaient exactement les mêmes symptômes ! Selon David, cette éleveuse subodore que ce sont ces chiots malades qui ont contaminé les chiots exposés. Ce salon en présentait 400 ! Ont-ils tous été contaminés ? Inadmissible donc que les organisateurs n’aient pas agi immédiatement, préférant encaisser des entrées et des pourcentages sur les ventes...

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Les acheteurs étaient confiants à cause des certificats de santé...

Quelle provenance ? Quels vaccins ?

Lausanne Cités a pour sa part trouvé cinq personnes qui sont confrontées à des problèmes similaires après avoir acheté des chiots dans ce même salon... Il y a une habitante de France voisine, et quatre personnes de Genève. Si certains de ces chiots luttent aujourd'hui contre la mort ou viennent tout juste de s'en sortir, d'autres sont décédés. Labrador, golden retriever, cavalier king charles (sorte d'épagneul), cocker américain, etc., tous ont reçu un certificat de bonne santé par un vétérinaire du Salon qui n'a ausculté les chiens que 30 secondes ! Et c'est ainsi que l'on a découvert les dessous de ces salons où l'on vend des chiens, parfois pour des bouchées de pain. Car il faut savoir que c'est louche de pouvoir acheter un bébé labrador pour seulement 3000 FF, surtout lorsqu'on sait que les mêmes chiens se vendent chez nous au minimum entre 800 et 1500 FS !

Mais là n'est pas vraiment l'affaire. Si beaucoup de ces éleveurs qui participent à ces salons sont extrêmement sérieux et de bonne foi, ils ne savent alors pas qu'ils seront mélangés à des "brebis galeuses"...

Chiens de l’Est ?

Ces "brebis galeuses", des personnes munies généralement de cartes d'identité d'éleveur bidon, ou alors se prétendant simples vendeurs de chiens, sont en effet fortement suspectées de travailler en parallèle. C'est-à-dire, de faire partie de ces fameuses filières qui vont se procurer des chiens de races dans les pays de l'Est ou auprès de receleurs ! En deux mots comme en quatre, des chiens malades, tatoués par le vendeur même, qui ne mentionnent donc nullement l'affiliation du chien ! Et là où le bât blesse, c'est que dans ces expositions canines, les conditions sont si mauvaises (à Gex, il faisait au moins 40 degrés dans la salle d'exposition) que ces chiens malades contaminent d'autres races. Les bons éleveurs en promiscuité avec des vendeurs filous, cela donne un résultat détonnant !

Vaccination

Troisième volet de l'affaire, celui de la problématique de la vaccination. Les chiots doivent normalement être âgés de 3 mois pour être vaccinés, et cela doit se faire au minium 10 jours avant la vente. Sans quoi, les anticorps ne réagissent pas. Ces chiots ont-ils été vaccines la veille du salon ? C'est ce que suspectent les vétérinaires qui ont soigné les chiens malades, car la plupart des chiots avaient plutôt 2 mois... "Le minimum légal de vaccination n'est pas respecté, de sorte que les anticorps ne sont pas encore faits, explique un vétérinaire de Douvaine qui s'est occupé du labrador du couple de Genève. Le délai d'efficacité est ainsi rendu nul. Les chiots souffrent ensuite de gastro-entérites hémorragiques, mais nous, les vétérinaires, nous suspectons la parvovirose ou la maladie du carré. Malheureusement, pour le prouver il faudrait faire des analyses sur-le-champ, et non pas quinze jours après avoir acheté le chien. Sans quoi, elles ne sont plus probantes."

Fausses puces

Séverine, qui a acheté un cocker américain, nous signale que son chiot de 2 mois était, lui, tombé dans un étrange coma. "Il avait plus de 40 degrés de fièvre, du pus sortait de son nez... Mais heureusement, il va s'en sortir. Je l'ai emmené à la Clinique vétérinaire des Tuileries à Genève et mon chien a été mis sous antibiotiques. Là-bas, on m'a signalé qu'on leur a apporté deux chiots malades qui venaient de ce salon : ils sont morts ! Par ailleurs, mon chien avait une puce électronique à l'oreille. Normalement, elle mentionne de quel élevage provient le chien. Or, sur la puce de mon chien, il n'y avait qu'un numéro bizarre. Mon vétérinaire a ainsi averti les offices vétérinaires de Genève et de Berne (Office fédéral), parce qu'aux Tuileries ils ont soigné une dizaine de chiens avec des puces électroniques identiques ! Cela démontrerait que les chiens proviennent d'un marché noir... "

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On recommence

Le dernier Salon de Gex s'est tenu ces quatre dernières années à Gaillard. Certains penseront que ce déménagement a été rendu nécessaire à cause de la grandeur de salle, or il semblerait qu'il n'en est rien !

L'année dernière à Gaillard, de nombreux vétérinaires de la région s'étaient en effet regroupés pour dénoncer ce salon parce qu'à l'époque déjà, des gens avaient acheté des chiens malades, qui ont rapidement trépassé ou qui, aujourd'hui, sont toujours suivis médicalement ! "Il y a eu huit chiens morts, exactement dans les mêmes conditions", poursuit le vétérinaire de Douvaine. Coïncidence ? Laxisme ?

L’organisateur tombe des nues

Lorsque nous avons demandé à l'organisateur de ce salon comment une telle épidémie peut arriver, il est tombé des nues. "Quoi ? Comment ? je n'arrive pas à y croire ! " s'exclame le responsable Jean-Marie Charamac. "Nous exerçons un suivi après chaque salon afin de savoir si les chiots vendus se portent bien." Alors pourquoi l'année dernière au salon de Gaillard - où huit chiots sont morts dans les même circonstances - a-t-il déplacé son salon dans le Pays de Gex ? Sa réponse est plutôt laconique : "Nous ne sommes pas au courant, nous n'avons eu aucune plainte. Il est vrai que nous n'avons pas vérifié l'état de santé des chiots vendus. Si nous avons déménagé, c'est uniquement pour avoir une surface d'exposition plus grande. On abrite dans nos salons des éleveurs qui doivent respecter les contraintes des vétérinaires. Nous ne sommes pas responsables si un éleveur est muni de faux certificats de vaccination. Les vétérinaires de notre salon se contentent de vérifier si les vaccins du carré, de la parvovirose et de l'hépatite ont été faits et si les chiots sont tatoués." Autrement dit, ils font entièrement confiance aux éleveurs et à leurs attestations !

Comment se fait-il que les vétérinaires qui délivrent ces bons de sortie ne se rendent même pas compte que certains chiots sont de toute évidence malades, chose qui a été remarquée trois heures plus tard par des professionnels ? "Je ne sais pas, poursuit Jean-Marie Charamac. Mais si effectivement je découvre qu'il y a malversation, je me retournerai contre ces vétérinaires. Sachez qu'il y a en France 14000 éleveurs et malheureusement beaucoup de brebis galeuses... " Jean-Marie Charamac organisera tout prochainement un salon similaire à Villefranche-sur-Saône (près de Lyon).

En attendant, nous avons la preuve que le problème ne date pas d'aujourd'hui. Déjà en 1995, lors d'un salon à Villefranche-sur-Saône, un Français avait acheté un caniche avec un certificat de bonne santé. Or il s'est avéré que ce caniche avait la gale..

Le vétérinaire cantonal de Genève va agir

Cette fois l'affaire ne va pas en rester à de simples remboursements de chiots morts. Le vétérinaire cantonal de Genève, ayant eu vent de ce gros scandale, est actuellement en train de regrouper tous les témoignages. "Une fois que j'aurai toutes les pièces en main, j'aviserai les vétérinaires officiels de l’Ain et de Paris", explique Astrid Rod, vétérinaire cantonale. Elle trouve en effet inadmissible le comportement des vétérinaires de ce salon qui, a tour de bras, délivrent des certificats de bonne santé ! De complaisance ? De connivence avec les organisateurs ?

Responsabilité

En effet, comment se fait-il que les vétérinaires de cette foire laissent partir des chiots malades en ne les auscultant que 30 secondes ? "Où est la moralité ?" s'étonne Astrid Rod. "Lorsqu'on décide d'acheter un chiot, il faut se renseigner de la véracité de sa provenance, de ses vaccins, de son tatouage. Les chiens de race ont tous des affiliations, ils coûtent donc cher ! "

Rapports attendus

Lorsque la vétérinaire cantonale aura chiffré l'ampleur des dégâts, elle demandera des comptes aux organisateurs et aux vétérinaires qui délivrent de tels certificats. "Si ces chiots sont vaccinés dans ces salons, c'est surtout pour qu'ils puissent franchir la frontière, car en Suisse nous sommes extrêmement sévères. Mais si, les chiots sont malades avant d'être vaccinés ou vaccinés trop jeunes, ça ne fait qu'accélérer la période d'incubation... "

Appel

Tous les témoins qui ont vécu le décès d'un chiot ou qui actuellement se battent pour qu'il survive se sont regroupés pour agir. Si vous avez fait la même erreur, faites-le savoir à Lausanne Cités "Chiens", case postale 551, 1000 Lausanne 9. Vos témoignages seront transmis à Gaëlle et David, qui se chargeront d'informer les autorités compétentes.

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Origine de l'article:  Lausanne Cités -07.10.99  Auteur: Christine Zaugg  Provenance de l'article: Association Romande des Eleveurs de Chiens de Race

Chiots contaminés : l’hécatombe continue !

LE SCANDALE DE L'EXPO-VENTE CANINE DU PAYS DE GEX, REVELEE PAR LAUSANNE CITES LA SEMAINE DERNIERE CONTINUE. NOUS AVONS DECOUVERT DE NOUVELLES VICTIMES...

L'affaire des chiots contaminés que nous vous avons révélée en exclusivité la semaine dernière commence à prendre une ampleur incroyable. A l'heure où nous bouclons cette édition, les rédactions de Lausanne Cités et de GHI (Genève Home Informations) ont reçu une vingtaine de témoignages de personnes qui ont acheté des chiots à Gex, qui sont morts quelques jours après être sortis de ce salon ! Nous apprenons qu'il y a aussi près de 80 chiens qui sont actuellement en traitement pour les mêmes symptômes : fortes diarrhées mélangées à du sang également dans les urines, perte d'appétit et de mouvance...

Bassin lémanique
La clinique vétérinaire des Tuileries à Genève, par exemple, a reçu 30 consultations de chiots en provenance de ce salon le lendemain de l'exposition-vente : deux d'entre eux sont décédés et un se trouve aujourd'hui entre la vie et la mort. "Un des chiots a été autopsié à Zurich et on nous a confirmé qu'il avait la maladie de Carré", explique un vétérinaire responsable. Cette clinique attend encore les résultats d'une seconde autopsie.Un témoin nous raconte que son bouledogue est décédé 16 jours plus tard dans cette clinique genevoise à la frontière franco-genevoise. Un autre centre vétérinaire de la ville a reçu pour sa part une dizaine de chiots contaminés dans ce salon, dont trois sont morts. On recense également un chien mort chez un vétérinaire privé. Des habitants de Genève, Nyon, Préverenges (près de Morges) nous signalent également que leurs chiots achetés dans ce salon sont soit morts, soit en traitement pour la même maladie. Étrangement, tous nous confirment que ces chiots avaient moins de 3 mois, donc n'étaient pas sevrés et étaient vaccinés sans aucun rappel.

L'hécatombe !
Un yorkshire est mort, un autre est très malade. Un bichon maltais est mort, et selon sa propriétaire la clinique vétérinaire en ville qui l'a soigné a décelé la parvovirose. Le patron d'une pharmacie de Genève est écœuré : le bichon maltais qu'il a acheté pour ses petits enfants est mort en 24 heures... "L'éleveur me l'a remplacé et j’ai dû aller jusqu'à Mâcon chercher un nouveau chiot. Il est aujourd'hui en traitement pour la même maladie !" Un Nyonnais a acheté un cocker anglais, qui est aujourd'hui très malade. Une habitante de Gex a pour sa part un bouvier bernois rachitique, lui aussi très malade. On nous signale deux consultations par jour dans une clinique de France voisine : tous les chiots provenaient du salon de Gex ! Cette clinique a déjà recensé quatre décès. Une habitante de Préverenges nous signale avoir acheté deux chiots en août, à une foire similaire à Balmes : le bouledogue et le bichon maltais sont toujours en traitement pour les mêmes symptômes. Une Genevoise en larmes nous signale qu'on lui a vendu dans le salon du pays de Gex, une chienne alors qu'on lui avait dit qu'il s'agissait d'un chien ! Une autre Genevoise scandalisée par ces salons canins, nous apprendra qu'elle a deux chiens qui ont été contaminés par des chiots achetés dans ce salon !

Ailleurs dans la presse
La liste n'est ici pas exhaustive mais démontre qu'il y a un réel problème dans ces salons canins en France.

Même le Blick s'est ému de cette grosse affaire, ainsi que de nombreuses radios françaises !

Extrait d'une des nombreuses lettres que nous avons reçues....

Bonjour,

Pour nous aussi tout a commencé le samedi 11 septembre au salon de Gex… Nous avons craqué pour un petit bulldog anglais de deux mois. Comme nous en avions déjà eu un, il y a quelques années (décédé avant ces deux ans d'une malformation du cœur) nous avons donc décidé de l'adopter.
Petite femelle qui respirait déjà mal, comme tous les bulldogs semblait-il, elle a passé devant le vétérinaire de sortie avec succès, bien sûr. Nous sommes donc rentrés avec elle, très contents, mais avec un doute tout de même pour son nez qui coulait beaucoup, sa respiration difficile et son manque de vitalité. Nous avons pris rendez-vous chez un vétérinaire dès le lundi, qui lui a trouvé une grosse bronchite et une " dépression ". Là a commencé la prise de médicaments pour Sam.
Toujours pas d'amélioration, alors le mercredi 15 septembre, nous avons été chez le vétérinaire de garde (tuileries) qui nous a tout de suite mit au courant des cas déjà connus de maladie du carré. Là encore : radios, piqûres, médicaments et rendez-vous tous les jours chez lui pour essayer de la sauver. La radio a révélé que Sam n'avait qu'un poumon fonctionnel et rempli de pus. Nous lui avons fait pendant les premiers jours de soins, 3 fois par jour des inhalations de 2 à 3 heures, enfermée dans une cage pour qu'elle respire bien ses vapeurs, ceci sous des linges pour ne rien laisser s'échapper.
Retour chez le vétérinaire le jeudi, vendredi, samedi, pour les deux injections quotidiennes, et pour le dimanche, des pilules Puis le lundi 20 et mardi2l septembre toujours chez le vétérinaire Elle avait parfois des moments où l'on pensait qu'elle reprenait de dessus : de nouveau un bon appétit, se promenait bien chez nous, jouait avec notre fils de deux ans et était très demandeuse de câlins. Nous avons donc passé un jour de piqûres, mais en continuant des inhalations d'eucalyptus de 30 min seulement.
Jeudi 23 septembre, elle avait l'air mieux mais avec cette si grosse difficulté respiratoire. Pas de rendez-vous le vendredi, mais le samedi, et là à nouveau, elle rechute, ne mange plus, a l'air de vouloir vomir très souvent, dort presque toute la journée, ne vient même pas en contact avec nous. Le vétérinaire me dit que s'il n'y a pas d'amélioration, il faudra l'hospitaliser dès lundi 27 septembre. Nom passons un week end à se demander ce qui est le mieux pour elle, car tous ces efforts ont l'air vains.
De retour une fois de plus aux tuileries le lundi en questions, elle a droit à ses injections et je repars une fois encore à la maison avec elle, mais le lendemain, le vétérinaire refait une radio, car il l'a trouve de moins en moins bien, même si nous on se disait qu'elle reprenait à nouveau le dessus puisqu'elle mangeait et bougeait mieux ce jour-là.

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Trop de vendeurs cabots !

En exclusivité pour Lausanne Cités, un vétérinaire français nous révèle comment travaillent les organisateurs...

"J'ai été le premier vétérinaire contacté par Jean-Marie Charamnac, organisateur d'Animal Story, les salons canins de Gaillard, Gex et Villefranche-sur-Saône. Je devais m'occuper des contrôles sanitaires de cette expo, soit contrôler 500 chiots en deux heures et demie ! Vous pensez bien qu’il s'agit là d’une chose impossible, j'ai donc dû me battre pour que les organisateurs acceptent que je sois accompagné de deux assistantes. J'ai ainsi refusé plusieurs chiens parce qu'ils n'étaient pas sevrés et que les attestations de vaccins ne me semblaient pas correctes. J'ai établi un rapport à la Direction sanitaire vétérinaire (DSV) de Lyon. A cette première expo, il y avait aussi des chevaux qui n'étaient pas du tout vaccinés ! Après chaque exposition, les vétérinaires de la région ont constaté des cas de parvovirose ou de maladie de Carré. Finalement, j'ai refusé la troisième exposition, parce que je trouvais les conditions scandaleuses par rapport à l'éthique de notre profession."
Les autorités françaises sont bien évidemment au courant de ces pratiques douteuses mais ne bougent pas. Plusieurs confrères de ce vétérinaire ont averti la DSV et la SPA de Lyon. Idem à Annemasse et Gaillard. Il y a également un vétérinaire du PaYs de Gex qui a dénoncé I’affaire du dernier salon de Gex à l'Ordre des vétérinaires. "Finalement nous sommes heureux que les médias suisses s emparent de cette affaire dans l’espoir que les choses changent ! " s'exclame le vétérinaire de Villefranche-sur-Saône. Le week-end dernier, le salon organisé par Animal Story - donc les mêmes que ceux du Pays de Gex ! - à Villefranche-sur-Saône - a tout de même eu lieu. Et notre vétérinaire témoin de conclure : "Aujourd'hui (ndlr : lundi 4 octobre). j'ai déjà des rendez-vous pour des chiots malades ! Les symptômes sont identiques..."

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Quelle:  Blick                         Autor: MONIKA FAHMY            zur Verfügung bereitgestellt: Association Romande des Eleveurs de Chiens de Race

Kranke Welpen aus Frankreich

GENF - SIE WOLLTEN EINEN JUNGEN, GESUNDEN HUND KAUFEN - DOCH DIE WELPEN AUS FRANKREICH SIND SCHWER KRANK. GEGEN 30 SIND BEREITS GESTORBEN.

 

Dutzende Schweizer waren an der Hundeausstellung in der Region von Gex in Frankreich. Dort "garantierten" die Veranstalter mit der Anwesenheit eines Tierarztes für die Gesundheit der Tiere. Wie die Zeitung "Genève home informations" jedoch herausfand, leiden die meisten Welpen an denselben Krankheitssymptomen, vermutlich die berüchtigten "Staupen". Die ersten Tiere verendeten bereits an der Ausstellung. Sie haben wahrscheinlich die anderen angesteckt.

 

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